#СПАСИБОПУТИНУЗАЭТО, que se passe-t-il ??? ça “fête” les 59 ans de Poutine.

Aujourd’hui, le 7 octobre 2011, le cher Premier Ministre Vladimir Poutine fête ses 59 ans, et le peuple lui exprime toute sa gratitude, sous toutes les formes et fonds imaginables. Résumons : Naissance à Saint Petersburg, Etudes de Droit, KGB, RDA, retour à Saint Petersburg (Mairie, tout ça), accélération, propulsion, Président. Puis Président. Puis presque Président. Ad libitum.

Donner un avis sur le sujet serait trop long, dire que cet anniversaire ne mérite pas un article serait assez faux cul, mais disons que la plupart des gens, peu importe leurs opinions politiques, se retrouveront dans la chorale du « Happy Bday Mr President », aussi subtile que poétique. Certains sincèrement, beaucoup par pur plaisir rhétorique ! L’année dernière, de jeunes et sublimes étudiantes en journalisme lui ont offert un calendrier jugé  scandaleux car trop dénudé, accompagné de slogans comme « ça te dit une troisième fois ? » ou « les incendies de forêt ont été éteintes, quant à moi je brûle toujours ». Cette année, c’est un livre de coloriage, appelé « Vova i Dima », (petit Vladimir et Petit Dmitri). C’était plus drôle avant, oui, mais l’humour s’est simplement déplacé !

Cette année, le net est envahi par des poèmes de « remerciement » pour l’ensemble de son œuvre depuis son accession au pouvoir. Sur twitter, le hashtag #СПАСИБОПУТИНУЗАЭТО (Merci à Poutine pour cela) est passé numéro 1 mondial, éveillant une incompréhension totale des américains qui se sont vus envahir par l’ancien ennemi. Crée au début par un jeune militant de Edinaia Rossia, le parti de Poutine, le principe est de composer un mini poème de 2-4 lignes « louant » le PM, ne pensant faire de mal à personne. Toute louange se termine par “Merci Poutine”, en référence à des poèmes de propagande composés pour Staline, se terminant par ces accroches (Merci pour notre enfance heureuse, etc…). Ce slogan a été repris à toutes les sauces, aussi drôles que percutantes. Tout passe à la casserolle: la corruption, le gaspillage, la censure, la mortalité, l’alcoolisme, le totalitarisme, l’immobilisme et le manque de démocratie, mais aussi les détails de l’actualité et de la vie quotidienne sous le reigne de feu Poutine.

Les « je veux acheter un iphone mais je ne peux pas, merci Poutine », « le budget a été sifflé, merci Poutine » pleuvent, et les traduire toutes n’aurait pas de sens, en voici certains, juste pour les russophones :

 

Un bonheur délicieux envahit tout lecteur, car rien n’est plus représentatif de l’humour russe que cette vague de créativité. Premièrement parce que ces petits poèmes sont issus d’une pure tradition des chastushki (petites strophes chantées) et d’un grand amour pour la rime. Deuxièmement, dans un pays où l’opposition entre nationalisme et patriotisme a toujours existé, où la plupart des gouvernements du dernier millénaire ont manipulé, écrasé un peuple qui n’a jamais rien aimé plus que son propre pays, et jamais rien détesté plus que ses propres hommes de pouvoir, la seule arme a souvent été cet humour, noir et politique, fin et provocateur.

La réponse officielle du pouvoir, pour le moment, a été la suivante : nous travaillons beaucoup à travers toute la Russie, sur des problématiques bien différentes de celles des individus qui vivent dans le Sadovoe Kolco (centre de Moscou) ou qui ont 2-3 heures à perdre sur un blog. Parfait, il ne manquait plus que la censure sur twitter! Et nous n’avons pas tous la chance d’être Président. Pardon, Premier Ministre. En attendant, difficile d’arrêter le flot poétique. S dniom rojdenia !

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Steve Jobs est mort. Vive L’Antre d’Eux

Une année entière s’est écoulée depuis le dernier article, et pourtant l’actualité et l’envie d’écrire n’ont jamais fait défaut, au contraire. Aujourd’hui, la mort de Steve Jobs et la profusion de doléances plus ou moins critiques, plus ou moins respectueuses, ont créé une fourmilière de réactions, poussant une fois de plus à se poser la question sur les évolutions, au-delà des formats et des supports, de la manière d’interagir. L’Entre deux (oui !! L’Antre d’Eux c’est aussi ça !!) se pose inexorablement la question du lien, de la relation, et donc de l’écriture. Or, comment ne pas se sentir dépassé dans cette surcharge intellectuelle, propre au modèle push, dans la marée des « like », d’articles concis mais surtout violemment preneurs de parti, car il faut bien marquer l’esprit. Comment se sentir intègre, sincère (et drôle ?) en 140 caractères, et sans non plus laisser passer la vague d’intérêt aussi offensive qu’éphémère?

Leader, visionnaire, révolutionnaire, le fin businessman aussi créatif  que rentable est un cas d’école. Apple jouant à la fois sur une sélection sanguinaire des fournisseurs et fabricants, et sur une différenciation imperméable, a transformé les modèles de l’entreprise, de l’industrie et du profit au point d’avoir plus de réserves cet été que le gouvernement américain. Steve Jobs fait beaucoup de vagues, et a surfé sur toutes. Chapeau l’artiste. « Car ceci est une révolution », qu’on soit d’accord ou pas avec les valeurs véhiculées et l’utilité des produits.

La  révolution la plus visible reste aujourd’hui ce petit appareil relié à la foule d’applications à qui Steve Jobs permis de vivre, qui, sans qu’on ne lui demande quoi que ce soit,  nous envoie ce message : « papa est mort ». C’est beau. Mais ça donne surtout envie d’écrire plus qu’un forward d’image humoristique ! Que voici d’ailleurs, parce que c’est drôle !

 

Cette dernière année, le rapport à l’article n’a pas été facile. D’un côté, la sérendipité (oui, comme ça, en cliquant, exactement !) chronophage fascine autant que lobotomise. De l’autre la quantité d’informations ouvre des horizons de réflexion immenses. Conséquence : incapacité de choisir parmi les 10 sujets qui donnent envie d’écrire et  impossibilité d’écrire pour cause de temps, consacré aux 10 sujets suivants. N’ayant certainement pas la sophistication et l’avarice des algorithmes de Melty.fr, ni la concision automatique d’un agrégateur d’actualités, et sous la pression de vouloir plus, toujours plus, sinon rien, on finit par devenir simple observateur passionné et paradoxalement cynique. Steve Jobs était tout sauf un observateur. Frustrant, intrusif, manipulateur, s’habillant tellement mal que ça en devient attachant, je t’adule et je te hais ! Bon retour sur iCloud, et merci de relancer ce blog qui allait mourir comme tant d’autres, étouffés par tes inventions tyraniques et géniales.

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Quand la Russie s’installe en France

Le retour en France des 3 semaines de congés passées dans la mère Patrie, délaissée depuis presque 10 ans, bien trop longtemps, fut aussi aisé que de revenir en cellule de détention en prison de luxe après une permission de sortie. Du coup, le cordon ombilical refait des siennes, et je replonge dans le Paris Russe.

Ca tombe bien, c’est la bonne année ! Placée sous le signe de l’échange France-Russie, les expositions et conférences fusent entre les deux pays. Paris, restant la ville fantasmée par les  Russes, particulièrement les artistes, est envahie. Cap sur le 9ème arrondissement.

Jeudi 23 septembre, direction 1er vernissage dans les salons Aguado de la mairie. Se voulant contemporaine, l’expo est tournée autour d’un concept original imaginé par Jean-Marie Zacchi, président de l’association « Grandes Signatures » et peintre lui-même. Les artistes, une cinquantaine de peintres et sculpteurs Russes, Français, et « mixtes », sont invités à présenter 4 œuvres petit format, soit ne dépassant pas 35 cm, sans thème de prédilection, à l’exception de l’identité des deux pays. Choisis par Anna Filimonova, commissaire de l’exposition et Présidente de l’association « Festival Cultures Croisées », les artistes russes ont fièrement confirmé la diversité, une technique incontestable et travaillée, et la subtilité propres à leurs œuvres.

Ne vous fâchez pas, Français qui lisez ce blog (et je risque peu, j’en suis consciente !),  si j’affirme que cette expo m’a frappée par la mise en valeur des artistes d’origine slave… comparés à leurs homologues hôtes ! Je ne dirais pas une chose pareille par pur patriotisme. En effet, je suis arrivée au vernissage aux côtés d’une amie d’origine Objective qui d’autant plus n’arrivait pas à distinguer les noms et les drapeaux semblables sous les œuvres sans ses lunettes. Après la traversée de la première salle, impressionnées devant les scènes psychédéliques de Oscar Rabine, les jeux de lumière des paysages de Andrei Krioutchenko, l’expressivité des personnages de Gueorgui  Chichkine, et les courbes fourbes des nus de Victor Liapkalo, nous avons pénétré dans la seconde partie de l’exposition, majoritairement française. Après une traversée de la moitié de la salle au trot, un étonnement partagé nous a cloué dans notre avide recherche du beau face à l’absence de force magnétique nous freinant devant des œuvres particulières. Puis nous réalisons que cette partie est simplement plus contemporaine, et que ce n’est qu’une question de goût.

Parmi les sculptures, Sadko m’attire irrésistiblement. Bon sang, mais d’où je connais ce petit bonhomme si familier ? Pourquoi me touche-t-il autant ? Si poétique et définitivement moderne, suspendu dans son univers, rêveur, équilibriste entre stabilité de la matière et fragilité de l’être. Je ne sais plus, mais j’ai l’impression de le connaître, comme un voisin discret, comme un arbre compagnon sur ma route quotidienne. A Lyon, à la Défense, en Russie peut-être, je retrouverai… Reflexe 2010 : googelisation. Sculpteur, Sadko, d’origine Russe, né, résidant et connu en France, il expose régulièrement depuis plus de 20 ans à travers le monde. Je confonds peut-être avec son frère, Vladimir Hoffman…

L’exposition fut par ailleurs l’occasion d’inaugurer le buste de Tourgueniev, grand poète Russe mort en France, dans le jardin de la Mairie, et lancer une suite d’évènements tournant autour de cette bi-culture : jeudi 30septembre, une soirée est consacrée à l’Art russe et la double identité (comment Lalwende Lantredeux peut-elle y échapper ?), puis le 4 octobre la mairie organise une soirée-concert en honneur de Pavlik de Bennigsen. A suivre…

Lundi 27, c’est reparti au cœur du 9ème, vers l’Hôtel Scheffer-Renan, ancien atelier du peintre Ary Scheffer transformé en musée consacré au mouvement romantique. Le vernissage marquait le lancement de la nouvelle exposition sur la Russie romantique de l’époque de Gogol et Pouchkine. Ne pouvant résumer ces monuments Russes en quelques lignes, et trouvant leur méconnaissance impardonnable (je suis dure, mais c’est comme ça), j’ajoute les lien wikipedia. L’exposition est dédiée à leur temps, pas vraiment à eux. A part le portrait de Gogol, et sa traversée du Danube peinte par Ivanov (superbe !), ces deux génies n’apparaissent que peu. Par contre, cela n’est pas une raison pour sous-estimer les œuvres présentées évidemment, simplement les artistes et personnages sont moins connus du public français. Et évidemment, le but est de découvrir l’importance du romantisme en Russie, arrivé tardivement et largement inspiré par les mouvements artistiques européens, que ce soit dans la peinture, la littérature, la musique ou l’architecture.

L’allée décorée de lumignons, telle une piste de décollage, nous emmène vers la partie de la collection de la Galerie Tretyakov, prêtée à Paris pour la première fois. Faisons une courte pause culturelle sur la galerie, la plus importante des collections d’artistes russes au monde. En 1856, Pavel Tretyakov, grand industriel, fin connaisseur de l’art, et mécène de nombreux artistes Russes, commence à créer sa collection personnelle en achetant ses 2 premiers tableaux. La collection s’agrandit, se diversifie selon ses goûts personnels, l’homme d’affaires commande de nombreux portraits de personnalités éminentes de son époque, et contribue fortement à l’expansion de l’art par son apport de moyens et de passion pour l’art russe. Tretyakov décide de laisser la collection entière à la ville de Moscou en 1892, riche de plus de 1800 œuvres, à condition qu’elle reste ouverte au public. Aujourd’hui, considérablement agrandie, la Galerie comporte plus de 130 000 œuvres d’artistes russes les plus renommés.

En dehors de l’histoire passionnante de l’homme, de la galerie et des œuvres magistrales où restent gravés des épisodes phares de l’histoire de mon pays, elle provoque beaucoup d’émotions. J’ai vu ma mère fondre dans une rêverie nostalgique devant le portrait de Lermontov peint par Zabolotsky. J’ai été émue aux larmes moi-même lors de la visite de la galerie cet été, un crescendo de fascination jusqu’à l’impressionnant  Ivan Le Terrible et son fils le 16 novembre 1581 de I.E. Repin. Ainsi, j’ai quitté le bureau à la va-vite lundi pour foncer découvrir le vernissage. Revenons à nos lumignons.

L’exposition parisienne présente environ 80 œuvres d’artistes Russes. En dehors des peintures de Ivanov Vorobiev (voir image), elle reste à mon avis surtout attirante par les nombreux dessins. La délicatesse des intérieurs peints par Tikhobrazov, ainsi que par Antonov, en petit format, en a captivé plus d’un. J’ai été quant à moi amusée par les trompe-l’œil de Fedor Tolstoï (le peintre et  sculpteur, pas l’écrivain Léon) dessinés avec finesse et humour. Et même si Tolstoï est considéré comme un classique, et non pas romantique malgré son originalité et sensibilité, cela ne fait qu’accentuer la richesse du début du XIXème siècle en Russie.

Les deux expositions restent ouvertes, quant à moi je continue mes découvertes dans les jours qui suivent…

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Le Rom : objet voyageant non identifié ?

Les Roms, les expulsions, les grands débats autour des déviances du gouvernement français et de la médiatisation du sujet, abusée et manipulatrice … on ne peut plus échapper au thème si présent dans l’actualité depuis quelques semaines. Comment ne pas passer à côté du thème pour une immigrée naturalisée première génération ? J’essaierai ne pas vous assommer une fois de plus à coup de « le saviez-vous » sur les Roms, le débat ou un point de vue,  ce sera simplement une illustration de plus… Martin Vidberg, lui, a illustré dans son blog ce phénomène par une petite caricature sympathique et interactive, comme à son habitude : tous les chemins mènent aux Roms. L’ignorance, la peur, la démagogie et le racisme.

Raciste, moi ? vous rigolez ?? à part un Chinois qui m’agace au bureau, je ne vois pas en quoi cela me concerne… La peur, non… La démagogie, ce n’est pas mon affaire, j’en parle, moi, dans les médias ? un blog n’est pas un média, non ? si ? Ce sont là d’autres sujets, un peu plus larges et ne concernent pas seulement les Roms. Et l’ignorance ? un peu plus direct comme facteur peut-être, car enfin que sais-je des Roms ? J’avais jusqu’à présent l’impression d’avoir la chance de connaître certaines facettes de ce peuple, non, population, non, groupe d’hommes, euh non plus… « minorité ethnique », je crois que c’est le terme pour ne blesser personne, à la mode pour tout français qui respecte. Et encore, contrairement à beaucoup de représentants de minorités, je ne connais aucun rom personnellement…

Toute mon enfance, c’étaient pour moi les tsiganes. Ayant grandi dans la musique, les romances et les violons, cette magie est restée dans le cœur jusqu’à ce jour. Je ne peux rester silencieuse au son des accords des « yeux noirs », malgré tout le kitch autour. L’image de voleur n’était nourrie que par les tours de passe-passe et les voyantes : « Tu vois ta montre, et hop ! Tu ne la vois plus ! ». C’est beau pour une enfant, aussi envoûtant que les danses qui se sont mêlées au folklore slave.

Et un jour, j’ai débarqué en France, à Grenoble. Après quatre années de mutisme forcé (non pas par méconnaissance du français, mais par ignorance des autres enfants de mes capacités à apprendre, car  la Russe, elle est là, et il parait qu’elle ne parle pas, alors à quoi bon la mettre mal à l’aise, ils sont sympas), un jour, j’ai parlé. Beaucoup, pour rattraper le retard. Sauf que parfois, ça donnait aussi à peu près ça, dans le sas entre le monde bisounours des adultes et les cours du collège.

« Dikave le gadjo mort pilo! Comme il fait latch à pillave à point d’heure comm’eg, ce cotorep !

- En même temps il a trop le démon ! Hier il s’est fait rodave par les keufs pour du bédo, ces narvalos ils l’ont marave! Du coup il a perdu sa gâche au taf.

- J’entrave que tchi… il a pas dit que son nouveau taf est tchoukar ?

- Ouais, mais c’est à chaille! Sans caisse jamais il y ira, et c’est trop rush pour lui, va quand même pas la tchourave ! »

Bon. Pour ceux qui n’ont rien compris, il faut venir à Grenoble et oublier tout ce que vous savez du français. Ou apprendre le rom ! Car entre la plupart des « –ave », le « bédo », et enfin les « gadjos/gadjies », les Roms autour de la capitale des Alpes ont laissé une empreinte indélébile dans l’argot local. On est cons quand même, nous les gadjos : on donne des noms péjoratifs aux roms, et se laissons traiter de racistes, et en parallèle intégrons dans les petits noms entre nous l’insulte qu’ils nous réservent pour nous distinguer, nous les non-Roms, d’eux. L’ignorance quand tu nous tiens… Mais bon, laissons cela sur le compte d’une adolescence mouvementée.

Un jour j’ai du passer une après-midi dans un campement rom pour rédiger un article qui n’a jamais vu le jour. Le peu qu’ils ont décidé de montrer à une jeune fille le bac en poche, n’était pas assez pour un article qui se respecte, et trop pour ne pas ébranler l’objectivité. La dévalorisation de la femme, mais aussi un respect profond de la famille, des origines, sont autant de points inévitables dans l’éducation des enfants par les hommes du clan. Certainement plus mal à l’aise qu’instruite, j’ai fui le sujet.

Ensuite, je suis partie à la conquête de l’Europe. Là, j’ai appris que les roms ne sont pas les Roumains dans la définition purement étymologique du terme, que les bohémiens, les tsiganes, les gitans et les autres, ce sont les mêmes. Tous venus d’Inde ou du Pakistan il paraît. J’ai découvert les Roms d’ailleurs, et leur image. Les tsiganes hongrois sont montrés du doigt, ces bons à rien pilleurs.  Les « knackers » (gypsies irlandais) sont héros de blagues xénophobes autour de leur saleté et de leur ignorance. Les représentations littéraires et cinématographiques de toute époque, entre Kusturica, Snatch, Carmen et tellement d’autres, exaltent leur amour de la liberté mais laissent un arrière-goût de danger plus ou moins naïf.

Et là, rencontre culturelle inoubliable : los Gitanos de Madrid. Non, pas les tsiganes colorés de l’Est, ni la « roumaine » au bébé fraîchement accouché tel quel, el Gitano est beau, fier, en costard blanc foulard noir, chaussures croco et un air de « t’es qui toi, t’existes ? » si tu as la malchance de l’effleurer calle santa Ana. Impressionnants.

J’ai atterri un soir à la Candela, un petit bar nocturne qui ne paye pas de mine, mais qui a la particularité d’accueillir dans la cave les musiciens de flamenco à la fin de leurs concerts à travers la capitale espagnole. Ils se retrouvent là pour se détendre entre eux autour des bœufs, danses et autres festivités. Paco de Lucia lui-même a l’habitude d’y faire un tour lorsqu’il débarque en Europe. Et là, assise au fond et exécutant timidement, l’air ravie, les palmas et autres figures de style, j’entends le dialogue musical qui s’établit petit à petit. Un chanteur flamenco, espagnol, se lève et invite un jeune homme marocain à entrer dans l’improvisation. Les sonorités ibériques se mêlent au raï, le mélange est déroutant. J’entends le violon tsigane par-dessus la grille de Django, le « venga » encourageant du public qui se lève, on ne voit plus que les Esmeraldas danser sur les tonneaux !

La magie de mon enfance prend un sens tout autre. Ces musiciens font chacun leur chemin, depuis le Pakistan, depuis des siècles, passant chacun par un bout de l’Europe et de l’Afrique du Nord, et se retrouvent là, en Espagne, se comprennent dans leurs dialectes et dans la musique. C’est beau. C’est évidemment loin du débat qui enflamme les européens, qui exige une définition précise et internationale de l’identité. J’ignore toujours leur identité !  Je ne sais pas ce qui les diffère des autres au niveau des droits, des traditions, j’ai simplement aperçu des bribes de ce qui les unissait et de l’impact qu’ils ont eu sur les cultures européennes.

Et en effet, cette peur européenne est bien réelle, certainement au-delà des frontières françaises. Le racisme aussi, ainsi que la démagogie, chacun prêchant dans son camp en fonction de ce qu’il a comme imaginaire populaire à exploiter. Depuis des siècles, le serpent se mord la queue. Qui a été xénophobe en premier ? Qui a exclu ou n’a pas pu/voulu s’intégrer ? Qui à l’origine empiète sur la liberté de l’autre? Le nomade qui va où bon lui semble, le sédentaire qui délimite « sa terre à lui » ? Ces débats sont-ils d’actualité, ou n’ont-ils visé qu’une cible de plus ?

Il est facile de faire passer le temps en jouant au ping-pong au sein de l’UE avec une population que tout le monde pense « nomade » de toute façon, malgré 90% de sédentarité. Une nationalité européenne, je n’imagine même pas qu’elle puisse être remise en cause pour eux, ils font partie de l’histoire, de la glue culturelle de l’U.E.. La nationalité française alors ? Comment voulez vous qu’un étranger, un français, qui que ce soit, respecte une nationalité si on commence un troc public? Pourquoi des droits différents sur un critère d’identité nationale qui n’a jamais pu être définie depuis la création du ministère ? Le temps de résoudre ces faux débats, qui est l’Européen courageux, philanthrope, franc et sage qui se dévouerait pour créer un état en Inde pour renvoyer tous les Roms là-bas ? Promis, il n’y aura pas de conflit de religion, ils s’adaptent, ces Egyptiens…

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Chez Moi…

Chaque fois dans le train, face à la page vierge,
C’est la même vague du passé qui submerge
Mon esprit, et je suffoque une fois de plus…
Si vous voulez comprendre … enchantée, je suis russe.
J’ai le mal du pays comme le mal de mer
Je n’ai plus de chez moi, juste des pied-à-terre
Un transit permanent me ricane à la gueule
Ce voyage épuisant n’est vécu que très seule.
Ce que c’est la Russie pour moi, jeune étrangère?
C’est chez moi, c’est un poids, c’est un rêve d’avant,
C’est un lien impalpable, une bise légère,
Une force motrice et racines au vent.
C’est l’immense, l’extrême et le profond en un
(Et promis, je ne vous vendrai pas un shampoing)
Pays où Liberté se crie avec deux ailes.
Où les champs et forêts ne sont pas parallèles
Où le même mot Mir veut dire et monde et paix
Encore une utopie impossible, il est vrai.
Ma Russie est aussi une explosion d’images
Aussi puériles que belles et sauvages.
Peupliers flamboyant sous la pluie de novembre,
Une vie éternelle en une larme d’ambre,
Et le premier tonnerre éclatant, enivrant,
Dans l’euphorie des sens éclos dans le printemps,
Le parfum du lilas, sensuel et émouvant,
Le rayon du soleil, d’un froid éblouissant,
Et cette immensité, vertigineuse, austère,
Qui m’envoûtait depuis l’épaule de mon père.
Le chuchotement sourd du vent dans les sapins
Cette odeur de seigle des meubles et des mains.
Paroles incomprises du chant de mon grand père
Et des heures plongés dans sa mémoire à deux
Ces heures qui brodaient déjà dans l’âme fière
Les ébauches slaves du sublime oiseau feu.
J’ai grandi au pays de mille souvenirs,
Jalousement gardés dans un coffret précieux
Dissimulé au cœur, comme un enfant soucieux
Cache des grands le beau trésor de son empire.
Je ne peux raconter tous ces détails que j’aime.
J’ai troqué malgré moi tous ces bouts de moi même
Pour une découverte, et tout ce que j’appelle
Confort, et pauvreté. L’autre, spirituelle.
Naissant à Leningrad, (mieux, en URSS !)
Officiellement j’ai perdu cette adresse,
Donc je suis née quelque part qui n’existe plus.
C’est marrant… ça l’était un peu moins quand j’ai vu
Qu’il n’y avait pas que les noms qui aient changé.
Mais bon, c’est simplement l’histoire à partager…
Vous me demanderez à quoi bon je m’enflamme
Et m’acharne à défendre un pays qu’au final
Je ne connais que peu, pays que d’autres blâment
Je suis certainement assez sentimentale…
Oui, je suis patriote, et pas nationaliste,
Je ne suis pas non plus ni anti-communiste
Ni pro. Arrêtez de mêler la politique
A l’amour et respect de sa propre patrie,
Où depuis des siècles peuple étouffé abdique
Devant les pouvoirs, tsars, argent, ou Parti,
Et ne se tient debout qu’à la force des mains
La débrouille et l’espoir de vivre mieux demain.
A l’étranger on dit « Géant aux pieds d’argile »
Certainement, surtout géant assez habile
Pour s’accrocher au ciel, au passé, à la foi,
Pour ne pas s’écrouler sous tous les autres poids.
Pourtant j’aurais souhaité croire encore aux Titans
Qui soutiennent toujours le ciel de l’Hermitage….
Ce palais éclatant qui traversa les temps
Et gardera encore les trésors de tout âge.
Un peu comme les gens, ayant au fond de l’âme
Le désir de beauté, d’idéal et de flamme.
Ces gens n’ont pas besoin de toujours croire en Dieu
Pour avoir cette foi. Elle est juste au fond d’eux
Ces gens dont le regard est souvent froid, lointain,
Mais tellement plus franc qu’une poignée de mains.
Ces gens qui, lorsqu’ils sont heureux, seront en larmes,
Et qui ont leur humour comme la meilleure arme.
Ces gens… pas tous bien sûr, pas seulement  ainsi,
Mais j’avoue n’en avoir rencontré qu’en Russie.
On subit malgré tout cette mutation de famille :
Mi hôte, mi fille, donc ni hôte ni fille…
Le séjour en devient un trop plein d’émotion
Mais n’en reste pas moins un tremplin dans l’action.
Une drogue. Un remède. Une source vitale
Sans laquelle l’esprit fane et perd les pétales.
Roulant d’une ville à l’autre dans le train
J’aimerais refaire cette autre route enfin
D’Alexandre Nevski à Poutine,
De Dostoïevski à  Pouchkine,
Aller de l’autre côté de la liberté vendue, s’échapper de la cage des vitrines et des illusions, se coucher sur l’herbe sèche et revoir sa naissance, et être réveillé par la faim. Revenir chez moi. Et comme la dernière fois, entamer cette chanson de DDT en survolant l’Europe, en chœur avec des inconnus, ces autres soi-même…
« Père
Combien d’années je marche
Je n’ai pas fait un pas.
Père
Combien de jours je cherche
Ce qui est toujours en moi
Combien d’années je mâche
A la place du pain de l’amour cru
Combien de vie dans la tempe me crache
A bout portant l’étranger tant attendu
Mère Patrie, Je reviens vers toi, Patrie.
Qu’ils te traitent de pourrie
Nous on l’aime telle quelle
Belle au bois dormant. Belle…
Crédule envers les crapules
Mais envers nous… »
Ma Russie est pour moi une sorte de lutte.
Ne la résumez plus à l’alcool et aux putes.

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Il est … 19h… 20… c’est l’heure de se lever…

Les premiers essais ont été concluants: des êtres humains à la ramasse face à un écran, trop occupés à décorer leur train train parisien par l’hyperactivité et surtout la paresse, sont finalement capables de créer un blog!

Bon, en effet, pour le moment il n’y a pas de quoi nous jeter des fleurs… Il y a du boulot… C’est une question de jours, de semaines tout au plus! Disons que dans 12 mois ce sera prêt.

à très vite!

tic tac tic tac…

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